MISSION A GILGAL BELES
MISSION A GILGAL BELES
MISSION A GILGAL BELES
lundi 2 novembre 2009
English text follows the French
De retour de Mission au Nord-Ouest du pays, vers la frontière avec le Soudan, je suis dans l’action de grâce pour tout ce que j’ai pu découvrir pour cette première excursion hors de la capitale de l’Ethiopie !
La plus impressionnante des expériences des jours passés est très certainement d’avoir pu côtoyer un peuple ayant tout récemment découvert le Christ ! La petite centaine de jeunes avec qui nous avons passé ces 4 jours font en effet partie d’une ethnie appelée “Gumuz”, qui bien que résidant dans le royaume chrétien d’Ethiopie fondé au 4ème Siècle, n’a jamais été évangélisée par l’Eglise Orthodoxe Tehawedo au cours des siècles !!!
Ce n’est qu’en 2003 qu’une mission s’est ouverte avec les “Comboni Fathers”, communauté missionnaire italienne, qui s’installa à Gilgal-Beles, et qui construisit école, dispensaire, etc., spécifiquement pour les Gumuz. Autrement dit, de toutes les photos que vous pourrez consulté sur l’Album de la Mission à Gilgal Beles, tout ce que vous découvrez n’existe que depuis 6 ans !
Et ce n’est pas moins d’une centaine de jeunes (cf. photo ci-dessus - ils ne sont pas tous sur la photo, car certains ne voulaient pas se placer dans la ligne de mire de l’objectif !!! - ce peuple de chasseurs reste encore craintif vis à vis de notre civilisation...), venus à pied de toute la région, de leurs villages de huttes dispersés sur plusieurs centaines de km2, que nous avons vu arriver, joyeux de se retrouver pour 4 jours de formation et de catéchèse !
Mais reprenons à présent le cours du déroulement de notre périple par le début. En quittant Addis-Abeba, et les volutes de fumée noire des échappements de tous les véhicules possibles et imaginables (y compris les plus neufs... ce doit donc être la qualité du carburant en lui-même qui génère une telle polution...), la première chose qui frappe est la beauté d’espaces gigantesques, et qui sont tout verts !!!
Une agriculture impressionnante, faite de petit pastoralisme, de culture de céréales (principalement de teff, cette céréale qui sert à fabriquer l’injera, sorte de galette de blé noir qui est la base de l’alimentation de tout éthiopien - à chaque repas...) à l’aide de boeufs de labour dans le meilleur des cas (je n’ai vu en 5 jours et plus de 1000 km, que 2 tracteurs en tout et pour tout, de la génération des années 60...), le tout dans des paysages somptueux, sans clôtures, sans lignes téléphoniques ni poteaux électriques (et pour cause...), avec une route principale digne de nos départementales les moins biens entretenues, du moins lorsque celle-ci est revêtue d’asphalte !
A voir le foisonnement des troupeaux et des cultures, c’est à se demander comment un tel pays peut-il être si fréquemment en situation de famine ! La raison est relativement simple : la verdure apparente du pays, à l’issue de la saison des pluies est merveilleuse de différents verts à contempler, mais cela ne dure malheureusement pas ! Au fil des mois, le pays est brûlé par le soleil, et la subsistance des paysans n’est donc assurée que grâce à la récolte effectuée à la fin de la saison des pluies. Si celle-ci a été généreuse au pluviomètre, il y a de quoi manger pour l’année. Dans le cas contraire...
Nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement dans un prochain article, consacré à la question de la pauvreté et de l’indigence des campagnes.
Autre chose frappante, la découverte de Mandura et Pawé (cf. Carte dans l’Album de la fondation), deux villages distant de près de deux heures de pistes, qui furent créés à l’époque du Derg en 1975, à l’occasion d’une grande opération de “villagisation”. En clair, ce fut une tentative de répartition des populations entreprise sur l’ensemble du territoire éthiopien, afin de palier au surpeuplement de certaines régions. Des centaines de milliers de personnes furent contrainte (parfois par la force) de quitter leur habitat, pour aller peupler ces villages créés de toute pièce, et qui demeurent encore de nos jours. Ils n’ont d’ailleurs reçu leurs noms que récemment, étant appelés au préalable au moyen d’un simple numéro (village 5 et village 7...) sur la route menant au Soudan.
Ainsi, la région des “Gumuz” fut entièrement repeuplée, déplaçant ces derniers dans des sortes de réserves, et c’est ainsi que ces deux villages, peuplés en majorité d’Amharas catholiques, apparurent sur la carte de répartition des paroisses du diocèse.
A notre arrivée chez les “Comboni Fathers”, dernière anecdote croustillante s’il en est, nous avons reçu un petit avertissement concernant toutes les bêbêtes plus ou moins dangeureuse que l’on trouve dans le secteur (en passant par le moustique transmetteur du palus, les différents serpents cachés dans les hautes herbes, ou autres scorpions...). Bien m’en a pris, car à peine avais-je pris mes quartiers dans l’hôtellerie des Pères, que je découvrais un mignon petit scorpion dans la douche !!! Juste ce qu’il fallait pour permettre un sommeil des plus léger...
La suite du WE fut très belle en compagnie de tous ces jeunes, que nous avons longuement entrepris par divers enseignements, allant du plus simple catéchisme à la découverte de l’universalité de l’Eglise. Quelle surprise de voir combien ils pouvaient littéralement boire nos paroles !!! Ce fut aussi l’expérience douloureuse de la barrière de la langue : bien évidemment, aucun d’entre eux ne parlait anglais, et mes pauvres rudiments d’Amharique ne m’ont pas permis d’entreprendre la moindre discussion... très frustrant ! De quoi me donner du courage pour l’apprentissage de cette langue si difficile !!!
A l’issue du WE, les jeunes nous ont gratifié d’une petite mise en scène de l’Evangile très réussie. Cela m’a permis de voir combien est grande leur inventivité, comparée à nos pauvres jeunes du “western world”, gavés d’internet... Ils ont même trouvé moyen de conclure par une danse traditionnelle adaptée en rap ! Tout simplement hilarant dans un tel contexte... !!!
Frère Iovane
Back from Mission to North-west, towards the border with Sudan, I am in thanksgiving for all that I could find for this first trip outside the capital of Ethiopia!
The most impressive experiences of bygone days is certainly to have known people who have recently discovered Christ! The few hundred young people with whom we spent those four days are indeed part of an ethnic group called "Gumuz," which, although residing in the Christian kingdom of Ethiopia was founded in the 4th Century, has never been evangelized by Orthodox Church over the centuries Tehawedo!
It was not until 2003 that a mission was opened with the "Comboni Fathers", Italian missionary community, who settled in Gilgal-Beles, who built schools, dispensaries, etc.. Specifically for Gumuz . In other words, the pictures that you can found on the album Mission to Gilgal Beles, everything you learn is that for 6 years!
And no less than a hundred young people (see photo above - they are not all on the picture, because some did not want to move into the line of sight of the goal! - this people are still fearful of hunters with respect to our civilization come ...), walking distance from the region, their villages of huts scattered over several hundred km2, we have seen happen, glad to meet for 4 training days and catechesis!
But now resume the course of the progress of our journey from the beginning. Leaving Addis Ababa, and plumes of black smoke from exhausts of all vehicles imaginable (including the newer ... so it must be the quality of the fuel itself generates such polutions ... ), the first thing that strikes you is the beauty of huge spaces, which are all green!
Agriculture impressive, made of small pastoralism, cultivation of cereals (mainly teff, the grain used to make injera, a kind of buckwheat pancake which is the staple diet of any Ethiopian - at every meal. ..) using oxen in the best case (I have seen in 5 days and over 1000 km, only 2 tractors in all and for all, the '60s generation ...) , all in beautiful scenery, no fences, no telephone lines or utility poles (and for good reason ...), with a main road worthy of our county's less well-maintained, at least when it is coated with asphalt !
To see the expansion of herds and crops, one wonders how such a country can be so frequent famine! The reason is simple: green bulk of the country at the end of the rainy season is wonderful to watch different greens, but unfortunately it does not last! Over the months, the country is burned by the sun, and the livelihood of farmers is thus ensured that the harvest was completed by the end of the rainy season. If it has been generous to rain, there is enough food for the year. Otherwise ...
We will have the opportunity to return at greater length in another article devoted to the issue of poverty and destitution of the countryside.
Another striking thing, the discovery of Mandura and Pawe (see map in the Album of the foundation), two remote villages nearly two hours of tracks, which were created at the time of the Derg in 1975, during a large operation villagisation. Clearly, this was an attempt to population distribution business throughout the territory of Ethiopia, in order to alleviate overcrowding in some areas. Hundreds of thousands of people were forced (sometimes by force) out of their habitat, people go to these villages created from scratch, and that remain today. They have also received their names recently, being called in advance using a simple number (village 5 village and 7 ...) on the road to Sudan.
Thus, the region of "Gumuz" was fully repopulated, displacing them in some sort of reserves, and thus these two villages populated mostly Amhara Catholic, appeared on the distribution map of parishes of the diocese.
When we arrived at the "Comboni Fathers", the latest story is crisp if we got a little corny warning all more or less dangerous than found in the sector (through the mosquito transmitter of the marshes the various snakes hidden in tall grass or other scorpions ...). Although I can, because no sooner had I taken up my quarters in the inn of the Fathers, I discovered a cute little scorpion in the shower! Just enough to allow a lighter sleep ...
Following the weekend was very nice along with all these young, we have extensively undertaken by various lessons, ranging from simple catechism to the discovery of the universality of the Church. What a surprise to see how they could literally drink our words! It was also the painful experience of the language barrier: obviously, none of them spoke English, and my poor fundamentals of Amharic does not allow me to undertake any discussion ... very frustrating! What give me the courage to learn this difficult language!
After the weekend, the kids were rewarded with a small set of highly successful gospel. It allowed me to see how great is their inventiveness, compared to our poor young "western world", stuffed internet ... They even found a way to conclude with a traditional dance adapted rap! Simply hilarious in this context ... !
Brother Iovane
