C’est donc avant tout la prière qui est au cœur
de la vie des sœurs contemplatives. Prière communautaire (temps
d’adoration devant le Saint-Sacrement) et prière solitaire rythment
leur journée. L’Eucharistie est la source et le sommet de toute
leur vie (Lumen Gentium, 11). Les sœurs tendent à en vivre
avec toujours plus d’intensité et de ferveur.
Les
sœurs vivent leur consécration totale à Dieu dans le silence et
la solitude, mais aussi dans la charité fraternelle. Car, comme
le dit saint Jean, « celui qui n’aime pas son frère qu’il
voit ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1 Jn 4,
20). C’est pour cela que les sœurs désirent vivre à fond l’exigence
d’une vie commune de partage, de service, de coopération. Tout
en sauvegardant la solitude, plusieurs rencontres (un groupe d’étude,
un chapitre, une rencontre fraternelle) les rassemblent chaque
semaine, leur permettant d’exercer concrètement la charité fraternelle.
La place de la recherche de la
vérité dans la vie des sœurs
Pour les sœurs,
l’éveil à une réflexion qui part de l’expérience du réel a donc
lieu dès le noviciat et se poursuit ensuite dans les prieurés,
selon les possibilités de chacune. Cette recherche d’une véritable
sagesse humaine rend les sœurs plus disponibles à accueillir la
vie de la grâce ; et, loin d’empêcher une vraie lecture de
la Parole de Dieu comme le ferait une méditation trop intellectuelle,
cette recherche de vérité les aide à recevoir la Parole de Dieu
et à en vivre comme la Vierge Marie en a vécu (Lc 11, 28), sans
la transformer ni la ramener à ce qu’elles en ont compris.
La recherche qui
consiste à s’efforcer de connaître ce qu’est la personne humaine
et à découvrir, au terme, l’existence d’un Etre premier que les
traditions religieuses appellent Dieu (la recherche philosophique),
amène les sœurs à une recherche théologique ; elles étudient
donc l’enseignement du Magistère et celui de saint Thomas d’Aquin
qu’elles reçoivent de l’Eglise comme "Docteur Commun".
Les soeurs, qui se sont
engagées à suivre le Christ dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance,
s’efforcent de vivre l’esprit de pauvreté de l’Evangile.
Pour cela elles renoncent à l’usage de biens trop riches,
d’installations trop coûteuses, et consacrent une
partie de leur journée à travailler de leurs mains : soit
sous forme d’un jardin à cultiver, d’un chantier (là
où il y a encore à aménager ou à construire), soit pour
gagner leur vie grâce à la vente d’un artisanat (poterie,
reliure, travail du bois et du cuir, cierges et bougies, chapelet,
ruches…). Elles travaillent également à la diffusion de
l’enseignement philosophique et théologique de la Congrégation
des Frères de Saint-Jean.
Mais parce que leur
rôle principal dans l’Eglise est la prière, elles ne peuvent
pas consacrer au travail lucratif assez de temps pour subvenir
entièrement à leurs besoins. Elles ont donc besoin de l’aide
de leurs amis…
En octobre 2008, la Communauté compte 362 sœurs (dont 118 professes perpétuelles, 134 professes temporaires, 11 sœurs oblates et 99 novices) et une vingtaine de jeunes en « école de vie » (temps de discernement avant l’entrée au noviciat). Les sœurs, provenant de 31 nationalités, sont actuellement réparties en 32 prieurés à proximité d’un prieuré de frères (sauf exception) :
1983 Saint-Jodard (France), noviciat, maison de formation
1989 Terre Basse (France)
1990 Pellevoisin (France)
1992 Laredo (U.S.A.)
Croutoy (France)
1995 Cotignac (France)
Saltillo (Mexique), noviciat
Wushulin (Taïwan)
Simbock (Cameroun), noviciat
1997 Princeville (au nord des U.S.A.), noviciat
1998 Vilnius (Lituanie)
Bucarest (Roumanie)
1999 Cenves (France), maison de formation
2000 Marchegg (Autriche)
Saint-Jérôme (Canada)
2001 Cebu (Philippines)
2002 Mexico City (Mexique)
Genève (Suisse)
2003 Salvador de Bahia (Brésil)
Banneux (Belgique)
2004 Bertoua (Cameroun)
Troussures (France)
2005 Monterrey (Mexique)
Rimont (France)
Poponguine (Sénégal)
Pondichéry (Inde)
2006 Murat (France)
Blagaveshenka (Russie)
Leńcze (Pologne)
2007 Abidjan (Côte d’Ivoire)
La Haye (Pays-Bas)
Derry (Irlande du Nord)
Indre. – Monastère de Marie,
Mère de Miséricorde, 3A, rue Notre-Dame, 36180 Pellevoisin. Présence
de prière auprès du Sanctuaire de Notre-Dame de Miséricorde, en
coopération avec les Frères de Saint-Jean, chargés de l’accueil
des pèlerins et du rayonnement doctrinal. Tél. 02-54-39-00-46.
Fax : 02-54-39-09-91.
La Communauté des Sœurs contemplatives de
Saint-Jean, érigée en Institut religieux de droit diocésain par l’archevêque
de Lyon le 25 mars 1994, a été fondée par le Père Marie-Dominique Philippe
le 8 décembre 1982, soit sept ans après les Frères de Saint-Jean, pour
une vie contemplative.
"Pour que l'exigence de vie contemplative,
et donc de désert, qui est inscrite dans la Règle de vie des frères, soit
pleinement vécue, il faut un désert permanent dans le cœur de Marie.
En effet le désert, pour les frères, ce n'est pas se
retirer loin de tout mais découvrir le mystère du nouveau désert :
le désert de Jésus, avec Marie au pied de la Croix.
Mais les frères, en raison même de leurs exigences
apostoliques, ne peuvent pas vivre ce mystère d'une manière continue et
autant qu'ils le voudraient. C'est pour cela qu'il est nécessaire qu'il
y ait, à l'intérieur même de la Famille Saint-Jean, auprès des frères
apôtres, des sœurs contemplatives, vivant d'une manière plénière et exclusive
ce mystère de Marie au pied de la Croix, mystère qu'elle a communiqué
à Jean, mystère qu'elle vit maintenant dans la gloire, et qu'elle veut
donner à ses enfants." (Père Marie-Dominique Philippe)
Les
Sœurs Apostoliques de Saint Jean
Les Soeurs Apostoliques de Saint Jean veulent être à
la fois cachées en Dieu avec le Christ, par Marie, et témoins
de l'amour de Dieu pour les hommes.
Leur apostolat commence par le signe de leur vie consacrée, dans
la prière, dans le travail intellectuel et manuel.
Associées à la vie apostolique des Frères de Saint Jean, ou dans leurs
activités propres, elles s'efforcent d'être attentives à tous les besoins
de l'Eglise.
"Se consacrer à Dieu, au service
de l'Eglise, mener une vie commune pour exercer pleinement la charité
fraternelle, s'enraciner de plus en plus dans le mystère de l'Eucharistie,
le mystère de Marie et celui de Pierre en la personne du Saint-Père et
des évêques." (Constitutions 25).