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Magdalith 1932 - 2013

 
In memoriam
Magdalith
(4 août 1932 – 14 septembre 2013)
 
 
Magdalith est retournée vers le Père le samedi 14 septembre 2013. L’enterrement a eu lieu le 19 septembre à Evry, chez les Sœurs de la Solitude.
Les Frères et Sœurs de la Communauté Saint-Jean lui sont reconnaissants pour son travail liturgique qu’elle nous a laissé : c’est elle qui a composé la plupart des pièces des offices et aussi les chants que nous prenons dans nos maisons de formation et nos rassemblements. Beaucoup de frères et sœurs chantres l’ont rencontrée et ont goûté grâce à elle à la richesse de la liturgie chrétienne, qui trouve ses racines dans le peuple d’Israël.
Nous assurons la famille de Magdalith et les Sœurs de la Solitude de notre soutien et de notre prière pour le repos de son âme et pour ceux qui souffrent de ce départ.
Qui est Magdalith ?
Née en 1932 à Toulouse, dans une famille juive non pratiquante, Magdalith (Madeleine Lipszyc) a découvert la foi tardivement, en même temps que le chant grégorien. Sa quête incessante de vérité et son attrait pour l'Eucharistie l'ont amenée à recevoir le baptême à l'âge de 19 ans.
Son intuition musicale fut de redécouvrir les racines du chant sacré de l'Eglise latine, né à l'ombre des synagogues et codifié plus tard par le Pape Grégoire le Grand. En préservant la monodie (une seule voix) et les tons grégoriens et en les ajustant à la langue française, elle a tenté de retrouver le jaillissement, la vie et la vérité d'un chant lié au souffle et porté par la prière contemplative. Magdalith n'est pas seulement musicienne, elle est aussi écrivain, danseuse, poète, orfèvre. Elle a réalisé des sculptures, des modelages, des peintures.
Magdalith est donc morte à 81 ans. La maladie (cancer du sein) l’a progressivement prise, sur de longues années. Les frères et sœurs venus dans les derniers temps savent qu’elle souffrait beaucoup. Elle vivait depuis les années soixante-dix auprès des Sœurs de Sion (la branche contemplative), à la Solitude (Evry); sans être ‘sœur’, elle faisait vraiment partie de cette communauté.
Quand on connaît l’histoire familiale et personnelle de Magdalith (sa famille est d’origine juive et 24 de ses membres sont morts à Auschwitz – elle-même s’est convertie à la foi chrétienne après la guerre), on ne peut qu’être touché en voyant la main de Dieu qui est venue la chercher un jour de shabbat, qui plus est, le jour de la fête de Yom Kippour ; et surtout le jour de la fête de la Croix Glorieuse ! C’est un signe, sans aucun doute, de la bienveillance de Dieu pour cette femme travaillée par la souffrance du peuple d’Israël. 
Magdalith et Saint-Jean
Le père Philippe, qui allait régulièrement à la Solitude pour prêcher, avait été frappé par l’insistance sur la parole dans la liturgie que les sœurs de Sion avaient demandé à Magdalith de composer et sur la recherche de vérité que cette artiste menait, notamment dans son désir de ‘retour’ au chant grégorien. Cherchant quelque chose pour la Communauté Saint-Jean naissante, le père Philippe a choisi de nous orienter dans cette direction. Beaucoup reconnaissent la force de ce chant, notamment dans la proclamation de la parole. Ainsi nous avons choisi cette liturgie simple et dépouillée, cherchant à conduire à la présence de lumière et d'amour du Verbe de Dieu.  En unissant nos voix dans une monodie, nous voulons exprimer l'unique appel de l'Eglise qui désire la venue de l'Epoux. 
Un projet d’un site internet sur Magdalith est en cours d’élaboration, en collaboration avec les Sœurs de Sion et sa famille.
fr Vincent
 
Et quelques photos des funérailles...